La folle histoire des LaserDisc

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Casio
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La folle histoire des LaserDisc

Message non lu par Casio » 29 janv. 2017, 20:19

Salutations,

vous devez le savoir, j'ai toujours adoré ce que je nomme les "supports mort-nés" ou presque...
Dans cette famille grandissante, il y a les splendides & imposants LaserDisc, balbutiements du numérique sur les petits écrans du quidam fortuné.

D'ailleurs, j'ai commencé pour la WDA une collection de ces supports fous, que vous pourrez découvrir comme d'habitude sur le site, depuis la page des collections : Collection de LaserDisc.

Et justement, hier soir, en surfant, au détour d'un heureux clic sur les posts de mes contacts Facebook, je suis tombé sur le site génial d'un ami de l'association qui détaille quelques anecdotes techniques sur ces drôles de supports ( Le journal du lapin ). Aussi, en espérant que son auteur n'y voit aucun inconvénient et, comme à mon habitude, dans l'optique de pérenniser au maximum ces informations, je retranscris ici ces articles :


Premier article :
Le journal du lapin a écrit :De l’art sur les faces inutilisées des LaserDisc

Le LaserDisc a une particularité intéressante : tous les disques ont deux faces, mais tous les contenus ne nécessitent pas les deux. Et il existe donc différentes solutions. La plus intéressante, c’est ce qu’on appelle le « pit-art ».

La présence de deux faces est technique : les premiers DiscoVision (ancêtre du LaserDisc) n’avaient qu’une face mais manquaient de rigidité. La solution la plus simple a donc été choisie : coller deux faces. Comme une face ne contient que ~30 minutes (CAV) ou ~60 minutes (CLV), la majorité des contenus utilise les deux faces. Mais quand un contenu nécessite un nombre impaire de faces, les solutions sont imaginatives.
MCA_Discovision_8b1d5_450x450.png
Logo Discovision.
MCA_Discovision_8b1d5_450x450.png (130.27 Kio) Vu 2265 fois
La première solution – j’essayerai de développer un jour – est de prendre une face issue de rebut (erreur, film pas édité, etc.) et de la recouvrir d’un vernis. La seconde, la plus courante, consiste simplement à mettre un message qui demande de retourner le disque. La dernière, présentée ici, consiste à faire de l’art avec le disque.

Concrètement, l’aluminium des disques est coloré (en rose, doré, rouge, etc.) et des images sont gravées directement dessus, à la manière de LightScribe (et des autres). Les rares disques sont essentiellement japonais, parce que les animés ne prennent souvent qu’une face d’un disque (vous trouverez une liste, incomplète, sur ce sujet de forum).

J’ai trouvé un LaserDisc pour vous montrer (et la collection) mais c’est assez compliqué à montrer. En effet, le LaserDisc reste extrêmement réfléchissant et le contraste sur la face rose assez moyen. Mais c’est plutôt mignon et ça change de la tortue de Pionneer.
IMG_0009.jpg
LaserDisc de Galaxy Fraulein Yuna: vol.1 (1995).
Lien original (avec d'autres photos HD) : De l’art sur les faces inutilisées des LaserDisc


Second article :
Le journal du lapin a écrit :LaserDisc Surprise : la « face morte » des Discovision

Le LaserDisc est un format plutôt ancien, qui date de la fin des années 70, et les premières générations offrent quelques surprises. La plus intéressante ? Les « dead side », qui contiennent parfois des données plus ou moins aléatoires.
Laserdisc-logo.svg.png
Logo LaserDisc.
La première génération de LaserDisc porte le nom de Discovision, et – contrairement aux disques plus récents – ne contiennent que des données analogiques. L’image, bien évidemment, mais aussi le son. Une des particularités des LaserDisc vient de la capacité assez limitée d’une face : environ 30 minutes en CAV, ~60 minutes en CLV (une technologie de codage plus évoluée). Comme vous vous en doutez, un disque se contente donc rarement d’une face et beaucoup de films demandent deux disques (ou plus). Mais que se passe-t-il quand le nombre de faces nécessaires est un nombre impair ? La première idée, évidemment, c’est de n’utiliser qu’une face, mais pour des raisons physiques et étant donné la taille des disques, ce n’est pas possible (les premiers essais de LaserDisc posaient des soucis avec une seule face). A l’époque, un choix a donc été fait : utiliser des faces « rebuts » pour les films qui demandaient un nombre impair de faces. Le fabricant des disques récupérait donc des faces inutilisées provenant d’autres disques et les recouvraient de vernis pour empêcher la lecture.

Bien évidemment, des petits malins ont découvert assez rapidement l’astuce, et il est possible d’enlever le vernis avec de l’alcool à 90°. Ensuite, c’est la loterie : on peut trouver des morceaux de films, de la documentation, des trucs jamais sortis, etc. La première chose à savoir, c’est que ça ne fonctionne que sur les Discovision : sur les LaserDisc plus récents, les fabricants remplissent les faces inutilisées avec un message demandant de retourner le disque (j’en parlerai un jour) ou des dessins. La seconde, c’est que c’est assez aléatoire.

Reste que le dead side, ça peut être amusant. Ce site qui recense les Discovision donne quelques exemples de choses qui n’existent que sur des dead side :
::arrow: A Roman Family Dinner
::arrow: The Andromeda Strain
::arrow: Anne of the Thousand Days
::arrow: The Sugarland Express
::arrow: Bullitt
::arrow: The Monkey's Uncle
::arrow: The Prince and the Pauper
::arrow: Volcano: The Birth of a Mountain / The San Andreas Fault
::arrow: Mission to Love: The Call of Confirmation
IMG_0508.jpg
Vraiment, rien de l’autre côté ?
J’ai essayé. Le matériel nécessaire ? Une lecteur compatible NTSC (normalement, ils lisent tous l’audio analogique) et bien évidemment des Discovision. Attention, il faut évidemment des disques avec une face inutilisée, ce qui n’est pas toujours le cas : selon le codage, le contenu peut rentrer sur un ou deux disques sans soucis. Sur les quelques Discovision récupérés à vil prix aux États-Unis, deux avaient déjà été nettoyés : Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band contient la première face d’American Graffiti, Going My Way (La Route semée d’étoiles), la seconde face de Jaws (Les Dents de la mer). Après nettoyage, le film Coal Miner’s Daughter (Nashville Lady) contient un manuel de voiture Pontiac et Jaws 2 (Les dents de la mer 2) une vidéo sur les voitures Chevrolet. J’ai deux autres films avec lesquels je n’ai pas réussi à lire la « dead side » : MacArthur (MacArthur, le général rebelle) et American Graffiti. Ceci dit, ils étaient rejetés directement au départ et un nettoyage approfondi à l’alcool à 90° permet au lecteur de détecter le disque, donc je ne perds pas espoir. Enfin le dernier, Jaws (Les dents de la mer) semble ne pas contenir de données : le disque ressemble à un miroir sans les informations facilement reconnaissables d’un laserDisc. Soit il est réellement vide, soit la couche de protection résiste bien.
IMG_0026.jpg
Le miroir de Jaws.
La recherche de trucs inédits ou rares est assez amusante, et les Discovision ont peu d’intérêt en dehors de ça (et éventuellement de l’intérêt historique). En effet, la qualité de l’image est moyenne, les films souvent recadrés (les Discovision sont tous en format 4:3) et les défauts assez visibles. De plus, le son reste en analogique, sans la correction CX et souvent en mono uniquement. A part pour les amoureux de l’arrêt sur image (beaucoup sont en CAV, donc offrent un arrêt sur image propre), les Discovision sont donc à abandonner, surtout qu’une bonne partie des titres est ressortie plus tard avec les « raffinements » des LaserDisc (son numérique, format respecté, etc.) ou évidemment en DVD ou en Blu-ray.
Lien original (avec photos HD et vidéos YouTube) : LaserDisc Surprise : la « face morte » des Discovision


Merci beaucoup à donc Mr Pierre DANDUMONT ( @DandumontP sur Twitter ) pour ses recherches et anecdotes.

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Re: La folle histoire des LaserDisc

Message non lu par Lali35 » 15 févr. 2017, 18:09

Ah merci pour cette publication.

C'est très intéressant !
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Re: La folle histoire des LaserDisc : Le Disc Rot !

Message non lu par Casio » 08 mars 2017, 10:14

Qu'est-ce qu'un "Disc Rot", ou, dans le cas des LaserDisc : "Laser Rot" ?

Il s'agit ici d'un dégénérescence que l'on rencontre sur l'ensemble des disques optiques, mais cette détérioration progressive a différentes causes selon les supports infectés. Impossible à prévoir, et malheureusement inutile à combattre, cette détérioration physique ou chimique peut arriver à n'importe quel moment de la durée de vie d'un disque.
img_5610.jpg
CD-Vidéo "An Evening With Kiri Te Kanawa" - 1987.
img_5610.jpg (104.58 Kio) Vu 2020 fois
IMG_8974.JPG
Laser Disc "STAR TREK - Le Film" - 1981.
IMG_8974.JPG (102.01 Kio) Vu 2020 fois
DSCF1984.JPG
Disque "The IBM Token-Ring Network" - 1989.
  • Dans le cas des CD (Compact Disc), la couche réfléchissante est protégée par une mince couche de laque (0,25-0,5 mm de vernis maximum), encore plus fine sur les bords du disque. La couche réfléchissante est en aluminium, aluminium qui réagit facilement avec plusieurs produits chimiques couramment rencontrés tels que l'oxygène, le soufre et certains ions transportés par condensation, et ayant pour effet de former assez rapidement une couche superficielle d'oxyde d'aluminium. Les couches réfléchissantes d'un CD sont si minces que cette réaction est quasiment sans effet. Les CD utilisants une couche réfléchissante dorée (UltraDisc II par exemple) sont considérablement moins affectés pour cette dégradation, mais l'aluminium étant moins cher, ces disques se font plus rares.
  • Les DVD (Digital Versatile Disc) ont une structure différente des CD. La couche réfléchissante est ici protégée sous une couche plastique. Cela signifie qu'une éraflure sur l'une ou l'autre surface d'un DVD n'est pas aussi susceptible d'atteindre la couche réfléchissante et de l'exposer ainsi à la contamination et/ou provoquer la corrosion progressive. Les DVD utilisants une couche réfléchissante dorée sont considérablement moins affectés pour cette dégradation, mais l'aluminium étant moins cher, ces disques se font très rares.
  • Beaucoup de HD-DVD (High Density Digital Versatile Disc), en particulier ceux produits par la Warner entre 2006 et 2008, ont développé une dégénérescence peu de temps après leur production. Elle se rencontre plus fréquemment sur les HD-DVD recto-verso que sur les HD-DVD unilatéraux.
  • Enfin, au sujet des LD (LaserDisc), ou CDV (CD Video), leur détérioration progressive avec le temps est le plus souvent attribuée à l'oxydation des couches d'aluminium de chaque face par de la colle de mauvaise qualité utilisée en usines de pressage pour lier les deux moitiés du disque ensemble, formant un oxyde qui détruit progressivement la couche de gravure. Paradoxalement aux autre supports, les versions dorées sont répertoriées comme étant plus affectées par ce phénomène de dégradation, puisque ici liés au type de colle utilisée en interne, et non à de l'usure de surface.
    Dans le cas des LD, l'humidité ou l'eau ne semblent avoir aucun effet dégradant (nous ne parlons ici que du supports, pas des pochettes et autres feuillets, bien sur).
    Les disques 8" simple face ne devraient donc pas être affectés par ce phénomène.
Le "Laser Rot" (Littéralement "Pourriture du Laser") peut se traduire au rendu par différents symptômes, allant visuellement de la "neige" aux bandes colorées en passant par des distorsion sonores (quelques "clics" parfois ou complètement muet pendant quelques 10ème de seconde, car les données sont tellement déformées que l'ampli A/V ne détecte plus aucun signal à amplifier.)

L'effet final de cette dégradation sera un LaserDisc totalement indétectable par le lecteur, ne trouvant tout simplement pas sa séquence de Début / Chronométrage / Chapitre (table des matières), et renonçant à le lire après plusieurs tentatives.

En outre, cette dégénérescence des LD dépend du disque et pourrait donc seulement affecter par exemple la face A tandis que la face B reste intacte. Les personnes ayant accès à plusieurs copies du même ensemble peuvent parfois être en mesure de "reconstruire" un disque complet, vierge de toute dégradation, en vérifiant chaque face individuellement et en sélectionnant seulement les bonnes.

Un début de liste des LaserDisc à problèmes (et productions) est consultable ici : LaserDisc Database
Modifié en dernier par Casio le 08 mars 2017, 10:56, modifié 7 fois.
Raison : Modif. par Casio : MaJ.

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