Il était une fois la Neutralité du Net...

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Casio
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Il était une fois la Neutralité du Net...

Message non lu par Casio » 19 déc. 2017, 19:37

Salutations,

J'ai commencé à "surfer" sur la toile, professionnellement, en 1993, chez CalvaCom.
À cette époque, nous avions beaucoup de clients encore en 2400 bps, ou 9600 bps, et très peu encore en 14.400 bps.
Le standard Hayes n'était pas encore très répandu, certains modems RTC avaient encore leurs propres chaines d'initialisation assez complexes et pas très fiables.
À partir de 1994, et grâce au mastodonte U.S.Robotics qui venait de sortir l'incontournable "Sportster 14400", la donne a changée pour beaucoup de monde...
USR_Sportster_144.png
U.S. Robotics Sportster 14400.
Ce modem était vraiment du pur bonheur, pour nous autres, techniciens Hotline. Pour le client, il était bien moins cher que la concurrence et avait un design super futuriste.
Il accrochait partout, et était quasiment aussi réactif que son grand frère le "Courier"... La Rolls des modems RTC de l'époque...

De retour le soir chez moi, je n'avais pas encore les moyens de m'offrir autre chose que mon vieux LCE (La Commande Electronique) 2400 Bps en carte interne ISA 8 bits.
Ca, et le prix, bien sûr, de la télécommunication à payer à la minute (encore heureux que travaillant chez un FAI je ne payais pas l'abonnement mensuel) , je peux vous assurer que j'étais ravi de retourner au travail le lendemain.

En fait, déjà à l'époque, la seule chose qui pouvait nous empêcher de "surfer" aussi rapidement que le voisin, c'était le matériel que nous avions à la maison.
Les abonnements RTC étaient techniquement les mêmes pour les "pro." que les particuliers. La seule véritable différence était au niveau de l'accès au service technique. (La Hotline était payante à l'époque, et donc absolument pas chronométrée - Il m'est arrivé de rester 07 Hrs en ligne avec un client pour réussir à le connecter).

Actuellement, encore ( :eek: ) du moins, les seules différences d'accès à la toile est la technologie utilisée pour accéder au réseau (RTC, xDSL, Câble, Fibre, ...).
Enfin, chez les vrai FAI (je ne parlerai pas des tentatives odieuses de France Télécom - Wanadoo pour déjà mettre en place un Internet à plusieurs vitesses).

Bref, ce petit speech pour juste essayer de vous faire comprendre que ce qui se passe Outre-Atlantique, "seulement" pour l'instant, depuis le 15/12/2017 est historiquement notifiable et catastrophiquement déplorable.
Sans compter que cela commence maintenant à donner des idées à ces incompétents et hypocrites faux-culs d'Orange...

800px-Symbole_de_la_neutralité_du_réseau_en_français.svg.png
Symbole de la neutralité du réseau.
Pour ceux qui prennent le train en marche, voici quelques petites sessions de rattrapage :
La Quadrature du Net a écrit :NEUTRALITÉ DU NET

La neutralité du Net est un principe fondateur d'Internet qui garantit que les opérateurs télécoms ne discriminent pas les communications de leurs utilisateurs, mais demeurent de simples transmetteurs d'information. Ce principe permet à tous les utilisateurs, quelles que soient leurs ressources, d'accéder au même réseau dans son entier. Or, la neutralité est aujourd'hui remise en cause à mesure que les opérateurs développent des modèles économiques qui restreignent l'accès à Internet de leurs abonnés, en bridant ou en bloquant l'accès à certains contenus, services ou applications en ligne (protocoles, sites web, etc.), ainsi qu'en limitant leur capacité de publication.

Face à ces velléités de mettre à mal l'architecture décentralisée d'Internet, et la liberté de communication et d'innovation qu'elle rend possible, il est indispensable que le législateur garantisse la neutralité du Net. Les opérateurs doivent être sanctionnés s'ils discriminent de manière illégitime les communications Internet, que ce soit en fonction de la source, du destinataire ou de la nature même de l'information transmise. À défaut, seuls les utilisateurs d'Internet en mesure de payer un accès privilégié pourront bénéficier des pleines capacités du réseau.

::arrow: NEUTRALITÉ DU NET
01net.com a écrit :Fin de la neutralité du Net : la résistance s’organise

Face au risque de voir disparaître la neutralité du Net, certains envisagent de devenir leur propre fournisseur d’accès. Mais mettre en oeuvre un tel projet est loin d’être simple.

Maintenant que la neutralité du Net est morte et enterrée aux Etats-Unis, que faut-il faire ? Pleurer sur son sort et attendre que les opérateurs introduisent des tarifs premium pour certains services ou types de données ? Certains Américains ont décidé de se prendre le problème à bras le corps. Et veulent sauver la neutralité du Net en devenant leurs propres fournisseurs d’accès. Le magazine Motherboard, qui appartient à Vice Media, annonce ainsi vouloir créer un réseau d’accès communautaire à Brooklyn, où est situé leur siège.

D’autres initiatives de ce type existent déjà, comme le réseau NYC Mesh à New York ou The Equitable Internet Initiative à Detroit. En Europe, des initiatives de ce genre existent également. C’est le cas, par exemple, de French Data Network (FDN) en France ou Guifi.net en Espagne. « Comme ces réseaux ont été construits pour aider leurs communautés plutôt que leurs propriétaires, ils mettent l’accès sur la protection des données personnelles et respectent la neutralité du Net. Ces réseaux prouvent qu’un meilleur Internet est possible », estime Motherboard, qui prévoit de publier en 2018 un guide pour créer soi-même un fournisseur d’accès Internet.

Un parcours semé d’embûches

Cet idéalisme est très louable, mais les obstacles sont nombreux. Car devenir son propre fournisseur d’accès est loin d’être simple. C’est un projet d’envergure qui nécessite des compétences techniques et juridiques pointues. Récemment, un ingénieur réseau l’a fait pour la forme. Il a détaillé toutes les étapes dans une note de blog. Pour commencer, il faut déjà avoir un paquet d’adresses IP et un numéro de « système autonome », qui va identifier le réseau du FAI vis-à-vis des autres réseaux qui forment l’Internet. Pour cela, il faut généralement faire la demande auprès d’un organisme de gestion des adresses IP tel que l’ARIN pour l’Amérique du nord ou RIPE NCC pour l’Europe. C’est un peu d’argent et beaucoup de paperasse.

Mais avoir des adresses et un identifiant n’est pas suffisant. Il faut également s’interconnecter avec d’autres réseaux pour que les utilisateurs puissent accéder à tous les recoins de la Toile. Ces interconnexions se font souvent par des accords dits de « peering », ou d’échange de flux. Ces accords sont d’une extrême importance pour le fonctionnement du réseau. Le FAI qui n’a pas de bons accords de peering ne pourra pas garantir une bonne qualité de service. Le hic, c’est que ces accords sont très opaques et compliqués à mettre en œuvre.

Le très haut débit est rare

Enfin, il ne faut pas oublier le challenge technique lié à l’acheminement des données. Il faut faire l’acquisition de puissants routeurs et savoir configurer leurs tables de routage. Il faut également disposer d’une boucle locale pour connecter physiquement les utilisateurs au réseau. Les techniques sont diverses. FDN propose de l’ADSL dégroupé, Guifi.net plutôt des liaisons sans fil. La fibre optique est encore rare. Préserver la neutralité du Net est donc possible avec ces projets, mais il ne faut pas espérer faire du streaming vidéo en HD. Pour l’instant, l’intérêt reste donc marginal, en tous les cas pour la majorité des Internautes.

::arrow: Fin de la neutralité du Net : la résistance s’organise
Il est peut-être temps de s'unir et de réfléchir... :sonar:
Modifié en dernier par Casio le 19 déc. 2017, 20:03, modifié 1 fois.
Raison : Modif. par Casio : MaJ.

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